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Mais si tu veux d'abord savoir dans quoi tu t’embarques (question de t’assurer que t’es pas en train de t’abonner à une infolettre plate)… je t’invite à lire la suite.
Ma première fois, j'avais 19 ans.
Mon alarme sonne. Je me réveille, les larmes aux yeux, une lourdeur dans l'estomac.
Je suis chez ma mère. Je n'habite plus chez elle, mais depuis deux semaines, je n'ai pas envie d'être seule.
J'essuie mes larmes.
Je monte les escaliers, rejoins ma mère au salon. Elle me dit : « Comment ça va ce matin? »
J'éclate en sanglots.
Le même jour, je vois un médecin. Cette boule qui réside en moi depuis un moment, ce médecin lui donne un nom : « trouble d'adaptation ». D'autres l'appelleront aussi « burnout » ou « épuisement ».
Pendant longtemps, je me suis posé les mêmes questions.
Est-ce que c'est moi?
Est-ce que je suis trop fragile?
Si j'avais fait du yoga, si j'avais mieux dormi, si j'avais su dire non, est-ce que ça serait arrivé?
J'avais un diagnostic.
Mon milieu de travail, lui, n'en a jamais reçu. Et pourtant.
Étudiante à temps plein, j'avais pris un emploi sur appel. J'étais la dernière sur la liste de rappel. Quand une collègue du quart de nuit s'est blessée, on me l'a offert.
Personne ne m'a dit que je n'avais pas le choix. On m'a dit qu'on comptait sur moi. Que si je refusais, il faudrait engager quelqu'un de plus disponible.
J'aimais mon emploi. Je m'y voyais à long terme.
J'ai dit oui.
Aujourd'hui, j'ai les mots pour nommer ce qui s'est passé. En santé et sécurité du travail, on parle de facteurs de risques psychosociaux.
Une charge de travail impossible pour une étudiante à temps plein.
Un « oui » qu'on ne pourrait pas vraiment qualifier de choix.
Une place sur la liste de rappel qui servait de levier.
Soyons honnêtes, ce quart n'aurait jamais dû m'être proposé.
Au final, je suis tombée en burnout. Ils ont dû engager quelqu'un quand même, sans avoir pu s'y préparer. En attendant une remplaçante, c'est la coordonnatrice qui a couvert le quart de nuit.
Ce qu'ils voulaient éviter est arrivé quand même. Plus tard, et ça a coûté plus cher.
Le yoga n'aurait rien changé à ma place sur la liste de rappel.
Si tu gères une équipe, c'est toi qui tiens cette liste. Les facteurs de risque se jouent dans tes décisions : qui on rappelle, ce qu'on demande, comment on le demande, et ce qu'on a prévu avant qu'une collègue se blesse.
Si tu travailles à ton compte, tu assumes les deux rôles à la fois. Tu es la coordo qui propose le quart de nuit et l'employée qui n'ose pas dire non. Et personne d'autre que toi ne prévoit le remplacement.
Repérer ces facteurs et agir dessus, avant qu'un matin, quelqu'un n'éclate en sanglots au salon.
C'est ce que j'explore dans…
Le Carré de Sable
L’infolettre où on devient un meilleur boss, pour soi-même, ou pour son équipe.
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